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vendredi 6 décembre 2013

La guerre des Gaules vue par Vincent Pompetti

Interview sur le site GenerationBD


Mes centres d’intérêts ont toujours été les histoires de science-fiction et de fantasy, ce pourquoi j’ai commencé avec « Planète Divine », un petit conte onirique. Mais comme ce sont des sujets difficiles à développer dans le milieu BD et qui nécessite un investissement, j’ai décidé de travailler depuis plusieurs années à des projets sans contraintes de temps, et ai privilégié pour les publications une collaboration avec Tarek, avec qui je me suis rapidement entendu, professionnellement et en amitié. Tout comme lui, mes autres sujets de prédilections sont le moyen âge et l’antiquité, mais là encore nous avons fait des détours avec « Raspoutine », puis la guerre froide avec le deuxième cycle de « Sir Arthur Benton ».Je ne pensais pas faire quelque chose de contemporain, mais les sujets de géopolitique me passionnent, ainsi que l’ambiance des années 50 et les films noirs, ou ceux d’Alfred Hitchcock. Ce qui fait que ce fut un grand plaisir, avec le scénario de Tarek qui plonge dans les arcanes de l’espionnage, et tout ce que cela implique.
Entre tout cela nous avons travaillé sur une histoire légère de corsaires et pirates, « Le Malouin », qui se veut une aventure décalée.
Enfin nous sommes venus à façonner les sujets de cœur qui mûrissaient depuis quelques temps, avec l’antiquité donc, et « La Guerre des Gaules », notre époque favorite et deux personnages emblématiques que sont Jules César et Vercingétorix, pas forcément aussi bien connu que les clichés ne le laissent supposer.
C’est une synthèse en deux tomes du livre de César, le dernier sort en cette fin d’année et sera normalement disponible pour le festival de St Malo. Au delà de l’aura légendaire qui entoure cette évènement dramatique, tant du côté celte que romain, nous avons voulu mettre l’accent sur la modernité naturelle de ce récit, ce qui permet, d’une pierre deux coup, de se rendre compte que ce n’est pas une conquête binaire ; les nations gauloises sont nombreuses et sont souvent belliqueuses entre elles ; beaucoup commercent déjà avec les romains, en sont proche dans la langue, ou se vendent comme mercenaire. Les deux civilisations puisent dans la culture grecque, d’une manière différente. Les celtes sont d’excellents forgerons, et les romains leur empruntent casques en bronze et cottes de maille. Les alliances politiques et stratégiques sont nombreuses et changeantes ; pour s’assurer la fidélité d’un vassal, on lui demande des otages .On voit se genre de choses se reproduire de nos jours, seule la forme a changé. Les intentions premières sont souvent cachées, ainsi, César ne part pas à la conquête des Gaules le glaive à la main, mais est appelé à l’aide par des Gaulois menacés par les Helvètes ! Ce qui lui permet de justifier sa présence sur le territoire, de tisser de nouvelles alliances, et de subtilement diviser. Certains spécialistes comme Jean Louis Brunaux pensent d’ailleurs que la guerre des Gaules est une sorte de conspiration entre César et certains chefs gaulois, pour diriger le territoire selon leurs intérêts. Bon nombre de batailles ont été remportées en amont, suite à des tractations étranges. Cela aussi fait penser à notre époque. Des peuples celtes étaient farouchement opposés aux romains, comme les Belges et les Carnutes, d’autres y étaient au contraire favorable. On a souvent effleuré ce sujet complexe, entre les récupérations nationalistes du 19e siècle, le mythe du sauvage gaulois et du civilisé romain (transposition du nègre et du brave colon, quelque part), et les clichés hollywoodiens.
La suite de l'interview ici : La guerre des Gaules vue par Vincent Pompetti.

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